Macky Sall avait une formidable équipe autour de lui. A défaut de faire l’unanimité, il avait le respect de ses concitoyens, qui lui donnaient la considération qui sied à sa haute stature. Les institutions fonctionnaient tant bien que mal, incarnées par des hommes et des femmes de haute stature morale, qui réhaussaient son prestige et consolidaient sa dimension d’Homme d’Etat.
Macky Sall avait une majorité renforcée par le crédit accordé à ses collaborateurs, dont le leadership lui permit de vaincre sans péril ses adversaires et de s’octroyer un second mandat dès le premier tour de l’élection présidentielle.

C’est à partir de ce moment que tout bascula dans l’anomie, un formidable désordre qu’il théorisa sous le concept fast track, dont l’élément marquant fut la suppression de la Primature.
Cruelle désillusion de toute la galaxie apériste, dont le cauchemar connut son apogée à la faveur du dernier remaniement qui enterra toute la garde rapprochée du régime et consacra la montée en puissance d’hommes liges de la trempe de Mahmoud Saleh, doctement investis d’une mission politicienne qui prit le pas sur l’impulsion du développement économique du pays !
Ce fut le début de la pagaille, et la chienlit finit par s’installer, au fur et à mesure que Macky Sall faisait le vide autour de lui, pour prétendument tuer dans l’œuf toute ambition politique présentée par son Raspoutine en chef comme préjudiciable à son pouvoir, tout en courtisant les principaux ténors de l’opposition dont Idrissa Seck, qui était en fait en contact très avancés avec lui bien avant même la présidentielle.
Ce qui offusqua encore plus les sénégalais, ce fut le harcèlement injuste d’Ousmane Sonko, chassé de l’administration publique, insulté et vilipendé au quotidien par les chiens de garde de l’APR, et finalement élevé au statut d’opposant charismatique du régime mackyen par la haine personnelle de Macky Sall contre lui.
Les sénégalais ont horreur de l’injustice. Les sénégalais n’aiment ni la trahison, ni la duplicité. Ils ont assisté à toutes les tentatives d’élimination d’Ousmane Sonko du champ politique sénégalais.
Ils se sont rebiffés. Et ils ont pris fait et cause pour Ousmane Sonko, au fur et à mesure que les abus, scandales en tous genres et ralliements éhontés rythmaient la vie du régime, au sommet duquel trônait un Macky Sall au firmament de l’hubris.
Kwame Anthony Appiah a dit bien fort à raison que « l’honneur peut motiver les citoyens dans la lutte sans fin pour discipliner les actes de leurs gouvernements ».
Le peuple sénégalais a enclenché la lutte depuis mars 2021, et il devient urgent, pour la paix et la stabilité politique et sociale de notre pays que Macky Sall se discipline désormais, et discipline ensuite les actes de son gouvernement.
Ousmane Sonko a été élevé à sa stature actuelle par son désir forcené de l’écraser, mais, au finish c’est lui qui est de plus en plus honni dans la capitale, et pire, chahuté chaque jour encore plus dans tout le pays !

