Et si le Sénégal tenait déjà son GOAT (Greatest of all time) en la personne de Sadio Mané. En tout cas, c’est l’assertion de nombreux fans et observateurs du ballon rond sénégalais au vu des performances du numéro 10 tant en sélection qu’en club.
Pour sa première sortie en éliminatoires de la coupe d’Afrique 2023 en Côte d’Ivoire, le Sénégal s’est imposé tranquillement contre le Bénin sur le score de 3 buts à 1. Un seul homme s’est chargé d’inscrire les trois buts des Lions : Sadio Mané. Grâce à ces réalisations, l’attaquant est devenu le meilleur buteur de l’équipe nationale (32 buts) en dépassant Henri Camara (31 buts). Un exploit qui le conforte, une fois de plus, dans le panthéon des légendes du football sénégalais. Il faut dire que Sadio Mané en sélection, c’est une pléthore de prouesses tout aussi impressionnantes les unes que les autres. Lors de la CAN 2021 au Cameroun, l’enfant de Bambali a été le fer de lance de l’équipe nationale dans sa glorieuse quête pour le graal continental ; en battant au passage quelques records. Avec ses trois réalisations et deux passes décisives, il est devenu le meilleur buteur (8 buts) et passeur du Sénégal en phase finale de la compétition. Un mois après cette épopée en terre camerounaise, il va à nouveau enfiler son costume de sauveur en transformant le tir au but qualificatif pour le mondial 2022 au Qatar. Permettant ainsi au Sénégal de se qualifier pour la deuxième fois de suite à une coupe du monde après celle de 2018.
« Sadio Mané est le meilleur joueur de l’histoire de l’équipe nationale », Ibrahima Mboup
En club aussi, le Sénégalais empile les succès comme les buts. Il a, grandement, étoffé son palmarès individuel et collectif au sein de Liverpool en remportant notamment la Ligue des Champions, la coupe du monde des clubs et le championnat. A titre personnel, il est co-meilleur buteur de premier league avec 22 buts (saison 2018-2019), deuxième meilleur buteur africain du championnat anglais ( 111 buts), meilleur buteur africain en phase à élimination directe de la Ligue des Champions (15 buts).Au vu de toutes ces performances, le journaliste sportif à la RTS1, Ibrahima Mboup, en vient à la conclusion : « Sadio Mané est le meilleur joueur de l’histoire de l’équipe nationale ». Il ajoute : « C’est le joueur le plus décisif. Meilleur buteur en sélection, meilleur passeur, meilleur buteur des Lions en phase finale de Can, champion d’Afrique. Je le mets tout en haut de l’affiche. Évidemment, le meilleur joueur en équipe nationale est un débat de génération. Nos aînés des années 70, 80 90 vont citer d’autres joueurs ». Un avis qui semble faire l’unanimité auprès des spécialistes du football sénégalais. Comme l’atteste Ababacar Tounkara, journaliste sportif qui estime que le palmarès de Sadio Mané est un élément déterminant pour le statut du GOAT. « Avec un titre de Champion d’Europe en poche, une première consécration continentale avec le Sénégal, sans oublier son nouveau statut de meilleur buteur du Sénégal en sélection (32 buts), il est plus que légitime, voir unanime, que Sadio Mané est à l’heure actuelle, le Meilleur joueur dans l’histoire du Sénégal », nous dit l’administrateur de ISPORTV.
Une ascension fulgurante, fruit d’un travail acharné
Une chose impressionnante dans son parcours. Sadio est l’un des rares joueurs dont le début de carrière en club, coïncide avec celui en sélection nationale. Après la débâcle de Bata (CAN 2012 Gabon-Guinée Equatoriale), l’équipe nationale du Sénégal souhaitait renouveler son effectif en insufflant du sang neuf. Dans ce lot de nouveaux joueurs, figurait Sadio Mané qui s’est illustré pour la première fois au cours du match amical contre le Maroc (victoire du Sénégal 1-0) en délivrant une passe décisive. Deux mois plus tard, il se révèle au grand public pendant la compétition de football aux Jeux olympiques de Londres. L’une des personnes privilégiées ayant observé l’ascension du numéro 10 sénégalais est Ibrahima Mboup, qui a commenté ses premiers matchs. Il raconte : « J’ai eu la chance de commenter son premier match avec l’équipe olympique en avril 2012 et en équipe nationale A, en Mai 2012. A ses débuts, on voyait le talent. Au fil des années, il a beaucoup travaillé. On voit que c’est un joueur très affûté, c’est le fruit du travail invisible. C’est un professionnel jusqu’au bout des ongles ». Ababacar Tounkara soutient que ses coachs en sélection et en club lui ont été d’un apport considérable : « Sur le plan du jeu, le joueur a pu, aux côtés de Aliou Cissé et Jürgen Klopp, améliorer sa panoplie technique avec différents postes sur le terrain. Mané est passé d’un simple ailier à un attaquant hybride, capable de s’adapter à tous les postes ».
De « Samba Alar » à « Nianthio » : Sadio, un mental d’acier aux larmes faciles
Si le public sénégalais l’apprécie tant actuellement, tel n’était pas le cas quelques années en arrière. Souvent critiqué pour sa nonchalance en équipe nationale, il a longtemps été accusé de présenter un meilleur visage en club qu’en sélection. D’où le qualificatif de « Samba Alar » que lui avait attribué plusieurs supporters sur les réseaux sociaux. Des critiques acerbes et parfois fondées qui ont participé à son essor, de l’avis d’Ibrahima Mboup : « Les critiques font toujours avancer dans la vie. Sadio Mané a été critiqué par les supporters et les journalistes quand il le fallait. Les critiques étaient fondées à mon avis. Qui aime bien châtie bien. On savait qu’il avait le talent, et on voulait qu’il franchisse un palier et porte un peu plus les Lions. C’est ce qu’il a fait en étant à l’écoute ». Des commentaires péjoratifs qui pourraient l’avoir atteint à un moment donné. Bon nombre de supporters ont encore à l’esprit l’image d’un Sadio Mané en sanglot à la fin du match contre la Guinée Equatoriale (17 novembre 2018) remporté par le Sénégal sur une réalisation du numéro 10. L’intéressé a confié, quelques temps après, qu’il était submergé par le désir de faire mieux pour son pays. Petit à petit, les discours à son encontre vont changer si bien qu’il est, désormais, qualifié par les fans comme le « Nianthio » (Lignée royale dans la culture Djola).
